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Licenciement : le deuil de la relation contractuelle

Lors du premier rendez-vous de consultation, il n’est pas rare que le client s’effondre en pleurs, tout en s’excusant de son émotion, en raison de la rupture annoncée ou à venir de la relation contractuelle.

Or, quitter son entreprise, c’est aussi faire le deuil de la relation avec l’entreprise, les collègues, le rythme et les habitudes.

Cela paraît fort, et même pour certains exagéré, car il ne s’agit en fin de compte que d’un travail.

Certes. Mais finalement un salarié passe parfois, voire souvent, plus de temps dans son environnement professionnel que familial.

Dans ces conditions, la rupture requiert une vraie prise de conscience, un réel travail de séparation, une coupure du cordon. Suivant l’ancienneté du salarié dans l’entreprise, ce deuil peut être un véritable traumatisme. A plus forte raison lorsque le salarié a eu à subir des faits de harcèlement ou de discrimination.

Il est alors intéressant pour la personne qui souffre de ce deuil de savoir que ce processus se compose de plusieurs étapes, comme l’a démontré Elisabeth Kübler-Ross et qu’illustre clairement le schéma suivant:

Divorce - Courbe du Deuil - relation - duree divorce - divise

Ce chemin de deuil se compose de deux grandes phases :

  • Une phase descendante : cette phase négative est une phase destructrice, tournée vers le passé.
  • Une phase ascendante : cette phase positive est une phase de reconstruction, tournée vers le futur.

Ces deux grandes phases couvrent les cinq étapes majeures du deuil :

  1. Déni (Denial). Exemple : « Ce n’est pas possible, ils ont dû se tromper.  »
  2. Colère (Anger). Exemple : « Pourquoi moi et pas un autre ? Ce n’est pas juste ! Je ne mérite pas ça»
  3. Marchandage (Bargaining). Exemple : « Laissez-moi aller au-terme des deux années d’ancienneté pour mon CV. »
  4. Dépression (Depression). Exemple : « Je suis si triste, pourquoi se préoccuper de quoi que ce soit ? », « Je suis un nul »
  5. Acceptation (Acceptance). Exemple : « Maintenant, je suis prêt pour cette nouvelle vie. »

Etant précisé que ces étapes ne sont pas nécessairement dans l’ordre indiqué ci-dessus, toutes les étapes ne sont pas non plus vécues par tous les patients, mais chaque victime en vivra toujours au moins deux.

Ce n’est que quand la situation est enfin digérée par le salarié que des projets de reconstruction professionnelle peuvent alors s’imaginer et se concrétiser de manière durable et satisfaisante. Ainsi, tirant les leçons de la précédente expérience, le salarié ressortira renforcé par son vécu et ce qu’il a appris de lui, de ses limites et surtout de ses ressources, parfois cachées.

Comme j’ai plaisir à le dire lors de la première consultation, ces épreuves temporaires sont souvent l’occasion de repenser ses priorités et son projet de vie pour être plus en phase avec ses propres aspirations. A l’image de la carte de la Mort dans le tarot, dont le message premier effraie mais dont le véritable sens est de symboliser le passage et la transformation vers une nouvelle vie.

Alors, prêt ?