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Hermès vole dans les plumes de la contrefaçon

Le Tribunal de New York accorde une victoire historique à Hermès en condamnant un réseau de 34 sites chinois commercialisant aux Etats-Unis des produits contrefaits de la marque de luxe.

 

Le 6 mars dernier, le groupe de luxe Hermès avait saisi le Tribunal de New York à l’encontre d’un groupe de sociétés et d’individus chinois en sollicitant un ordre de saisie et de transfert de noms de domaines internet.

 

En effet, ce groupe de sociétés et d’individus chinois qui opéraient 34 sites avec des noms de domaine illicites (dont HermesBags-Outlet.net, HermesOutletMall.com, HermesOutletStore.com et Hermes-Birkin-Bags.org) vendaient de manière répétée au moins neuf références contrefaites (dont les fameux sacs Kelly et Birkin), fleurons de la maison du Faubourg Saint Honoré.

 

Hermès a démontré que « les accusés étaient des entités et individus qui opéraient un vaste réseau de sites internet et de sociétés commercialisant aux Etats-Unis des produits qui portent des sigles Hermès contrefaits ou qui imitent des modèles du groupe » selon le jugement rendu par le tribunal de Manhattan.

 

Les accusés, qui n’étaient pas présents lors du procès, ne sont pas formellement identifiés.

 

L’accusation les présente simplement comme «Monsieur X 1, également connu sous le nom Li Hua ou Yao Dong, M. X. 2, également connu comme Hao Da Tou ou Da Tou Lo ou Huweisheng ou Guu Yi Lu», etc.

 

Les accusés ayant enfreint les lois sur la contrefaçon ils ont été condamnés sur ce fondement mais également pour concurrence déloyale, entre autres motifs.

 

Le Tribunal les a donc condamnés à verser 100 millions de dollars de dommages et intérêts. Cette somme représenterait environ 12% du résultat net qu’Hermès prévoit de réaliser en 2012.

 

L’autre intérêt majeur du jugement réside dans le fait que le juge a ordonné que le dédommagement soit directement prélevé via Paypal dans la mesure où l’organisme de paiement en ligne était utilisé par les accusés.

 

Le malletier français se réjouit de cette décision :

«Depuis le temps qu’on a des condamnations et qu’on n’arrive pas à les faire exécuter parce que les gens se mettent en situation d’insolvabilité… C’est très compliqué. Ces gens-là sont les rois pour organiser leur insolvabilité», explique Patrick THOMAS le gérant d’Hermès International.

 

De plus, le juge a étendu sa décision à tous les partenaires commerciaux des accusés.

Il a en effet ordonné à tous les fournisseurs de service, y compris les moteurs de recherche (Google, Bing et Yahoo! notamment), aux réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter, galeries commerciales et sites marchands, et aux services d’expédition, le retrait de liens actifs depuis leurs sites, ainsi que de cesser d’exécuter des commandes pour les accusés.

 

Une façon de responsabiliser les géants du web…

 

Les acteurs du luxe saluent ce jugement car la contrefaçon, en recrudescence dans les pays du sud-est asiatique, est particulièrement difficile à contrer dans le contexte d’économie mondiale et de commerce électronique.

Guerre de tranchées entre Bogart et Burberry

Mercredi 3 mai dernier, les légataires et la famille de l’acteur Humphrey Bogart ont porté plainte contre le groupe britannique de luxe Burberry après la diffusion d’une campagne publicitaire en ligne s’appuyant sur l’image de l’acteur américain.

 

Rappelons que le produit phare de la maison Burberry est son fameux imperméable créé en 1901 par Thomas Burberry et qui donna naissance quelques années plus tard au « trench ».

 

L’appellation trench vient de l’anglais et signifie tranchée.

 

En effet, l’imperméable était à la base un vêtement militaire fait pour protéger les soldats de la Première Guerre qui vivaient dans les tranchées.

 

Il a été amélioré en réduisant au minimum les nombreux boutons susceptibles de se perdre et en les remplaçant par une large croisure. Le coton est tissé très serré, afin d’être le plus imperméable possible face aux intempéries. Deux boucles sont également cousues sur l’épaule afin de pouvoir y attacher casquettes et autres, et un large rabat est ajouté sur la poitrine, afin de protéger le cœur.

 

Il acquiert sa version définitive en 1924 lorsque lui est ajoutée une doublure, identifiable entre toutes, inspirée des tartans écossais.

 

Le trench est passé à la gloire en 1942 lorsque Humphrey Bogart le revêtit dans le film Casablanca.

 

C’est justement pour rappeler le côté légendaire et glamour du trench que la maison Burberry a publié une campagne en ligne sur Twitter et Facebook dans laquelle on y voyait l’acteur portant le fameux trench Burberry dans la scène finale de Casablanca.

 

Ce qui a provoqué le courroux des héritiers de Bogart puisque, selon eux, aucune autorisation n’avait été accordée pour l’utilisation de cette image à des fins publicitaires.

 

Ils ont donc déposé plainte devant le Tribunal de Los Angeles le 3 mai dernier au motif que :

« De même que Burberry avait besoin d’avoir le consentement d’Emma Watson (l’actrice jouant dans Harry Potter) avant d’utiliser son nom et son image pour promouvoir ses produits, Burberry avait besoin de la permission des représentants de Bogart pour utiliser le nom de Humphrey Bogart », affirme leur avocat, Michael O. Crain, dans un communiqué.

 

Dans le même communiqué, Stephen Bogart, le fils de l’acteur estime pour sa part que Burberry a agi d’une façon « incroyablement irrespectueuse et décevante ».

 

La réplique de Burberry ne s’est pas fait attendre puisque le groupe britannique a déposé sa propre plainte à New York, affirmant avoir contacté l’agence Corbis à propos de l’utilisation des droits de la photo.

 

Burberry avance que l’image est utilisée dans le cadre d’une présentation montrant l’évolution de l’entreprise au cours des décennies et pas dans un contexte de “vente de marchandises” et que « L’usage de cette photo (…) était destiné à illustrer la longue histoire, la signification et l’influence des vêtements Burberry sur la société ».

 

Mais ces arguments ne convainquent pas l’héritier Stephen Bogart qui ironise même :

« Ils pensent apparemment qu’un fabricant de chaussures a le droit de faire une publicité avec Brad Pitt parce qu’il porte leur marque quand il fait son jogging, ou qu’une entreprise qui vend des boissons peut revendiquer que George Clooney boit leurs produits dans un de ses films, tout cela sans demander, et encore moins obtenir, leur permission ».

Il poursuit « Que va-t-il arriver maintenant? Une cigarettier va-t-il commencer à faire des publicités en affirmant que “Bogie” (surnom de l’acteur) fumait ses cigarettes, sans que notre famille puisse rien faire? »

 

Il ne reste plus qu’au Tribunal de Los Angeles à trancher entre ces deux positions…